Délégationde Paris

Julieta : « Se battre tout le temps »

« J’ai appris le français en cinq mois, j’étais enceinte, je n’avais pas de papiers… J’ai tout recommencé à zéro. Je ne pensais jamais pouvoir être juriste en France, c’était mon métier en Arménie. J’ai réussi. »
En trois phrases, Julieta raconte son histoire, pourtant longue et semée d’embûches. Il y a deux ans, jour pour jour, Julieta partageait son arrivée en France, ses démarches pour obtenir un titre de séjour, ses études, dans le rapport d’activité de la délégation du Secours Catholique de Paris. Nous lui avons fait relire cet article…

Julietta revient sur son parcours

publié en octobre 2018

« Se battre tout le temps », c’est ce qui résume bien la vie de Julieta, de nationalité arménienne. C’est avec le sourire que nous l’avons retrouvée, elle a partagé ses succès.
Édith, bénévole à la maison Caritas Saint-Ambroise, en octobre 2016, avait accompagné Julieta dans un salon de l’emploi pour la guider sur les différents stands d’associations et d’entreprises. Elle raconte : « C’était une grande découverte pour moi, pour savoir à qui je peux m’adresser. On a besoin de quelqu’un qui va nous orienter. Je me souviens que j’ai pris beaucoup de numéros, de mails. J’écrivais à tout le monde. C’était compliqué pour moi de trouver un travail compatible avec mes études. Ça m’a donné de l’expérience. Pour mon CV, Édith a trouvé que j’étais capable. »

Auparavant, arrivée en France en 2013, ne parlant pas un mot de français, elle a appris toute seule la langue en cinq mois et a obtenu un diplôme difficile qui lui a permis de s’inscrire et de réussir une licence universitaire en sciences humaines et sociales en 2016. Le jour de son examen B2, « c’est le Secours Catholique qui a gardé ma fille Élisa qui avait trois ans. »
C’est grâce au succès à cet examen que Julieta obtient « des papiers », accompagnée dans cette démarche à la préfecture par Pierre, bénévole du Secours Catholique. « Je ne vais jamais oublier. Je n’y croyais pas. J’ai travaillé dès le premier jour où j’ai eu mes papiers. » C’est ainsi que Julieta, remarquée par l’université de Paris 8 où elle étudie, commence à travailler pour son centre de langues (informer les étudiants, les inscrire en cours).

Forte de cette première expérience professionnelle et aguerrie par sa visite au salon, elle multiplie l’envoi de CV et de lettres de motivation. « Je n’arrêtais pas d’envoyer des CV et des lettres de motivation tous les jours. Je ne m’arrêtais jamais. » À Paris, la mairie du 4e lui propose pour quatre heures par semaine un accompagnement lors des sorties des écoles élémentaires. « C’est mieux que rien. La directrice m’a proposé des nouvelles choses, pour les enfants handicapés, comme animatrice. Chaque mois, j’en avais plus. Il fallait commencer petit à petit. » « Je suis devenue volontaire sur le plan Climat de la ville de Paris. La mairie a vu que ça m’intéressait. » Elle est chargée de renseigner et d’informer les Parisiens de l’arrondissement sur la votation citoyenne autour du climat. « Moi-même, j’ai convaincu 600 personnes de voter. J’ai lu beaucoup toute seule pour connaître le sujet. »

La mairie, face à cette détermination, lui a trouvé un logement six mois après son embauche tout près de son lieu de travail. « Je peux ainsi mieux profiter de ma fille Élisa. » Édith reverra très certainement Julieta dans quelques années. « J’attends la nationalité française, je dois avoir vécu cinq ans en France. Après, je ne serai plus vacataire. »

« Julieta a toujours eu une volonté d’aboutir et une super motivation. C’est ça qui a fait que ça a marché », raconte Édith, bénévole du Secours Catholique qui a accompagné Julieta dans une partie de son parcours. « Ça m’a aidée pour trouver mon chemin, pour continuer seule, se battre, tout le temps, et puis avoir tout ce que j’ai maintenant. » En une phrase cette fois-ci, Julieta résume le projet du Secours Catholique.

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