Depuis combien de temps êtes-vous engagée auprès du Secours Catholique ?
Cela fait près de 6-7 ans.
Quelles ont été vos motivations pour vous occuper de l’Accompagnement scolaire ?
Je m’occupe de l’Accompagnement scolaire depuis deux ans et cela m’intéresse particulièrement dans la mesure où je suis formée pour. J’ai, en effet, été pendant longtemps investie dans l’éducation des enfants, notamment chez les Scouts de France. Il s’agit cependant d’une nouvelle expérience que de s’occuper de l’accompagnement des enfants vivant dans la précarité ; j’ai ainsi suivi une formation et débuté mon activité. L’un des avantages de l’accompagnement scolaire à domicile est le lien direct créé avec les parents, ce que l’on ne retrouve pas dans l’aide à la scolarisation pure.
À qui s’adresse l’Accompagnement scolaire ? Comment peut-on en bénéficier ?
Il s’agit d’un service gratuit, il s’adresse donc en priorité aux personnes qui sont vraiment dans le besoin, qui ne peuvent pas se permettre les services d’accompagnateurs payants. Il peut s’agir d’une démarche personnelle, certaines familles demandent directement au Secours Catholique de bénéficier de l’Accompagnement scolaire. D’autres familles sont orientées vers nous via les assistantes sociales ou les maisons de quartier. Celles-ci nous font savoir quand elles ne peuvent pas répondre à la demande de la famille et nous intervenons. Nous avons la possibilité d’avoir un accompagnateur pour un enfant, tandis qu’eux ont souvent un accompagnateur pour 5 ou 6 enfants. Quand ils découvrent qu’il [existe] des problèmes autres, pas seulement éducatifs, et qu’il n’y a pas seulement l’enfant qui est en difficulté, ils font appel à nous. C’est donc un accompagnement de la famille en même temps.
Combien de familles bénéficient de l’Accompagnement scolaire à Reims ?
Actuellement, 25 enfants sont pris en charge par 16 accompagnateurs, dont certains accompagnent des fratries.
Avez-vous suffisamment de bénévoles pour cette mission ?
Non, nous avons seulement 25 accompagnateurs ; sur une ville comme Lyon, par exemple, ils sont près de 300 bénévoles !
Comment peut-on devenir bénévole ?
Tout d’abord en s’adressant directement au Secours Catholique, bien sûr. Mais nous travaillons aussi avec le Centre du bénévolat qui nous met en relation avec des bénévoles. Ensuite, je rencontre le bénévole, pour discuter de ses motivations, de sa capacité d’adaptation mais aussi de ses compétences, il est plus facile d’accompagner un élève de CP qu’un élève de terminale.
Comment se passent les séances d’accompagnement ?
Avant la première séance, je rencontre d’abord seule la famille, et je rencontre également le bénévole. [Ensuite], j’accompagne pour la première séance le bénévole, dans la famille, pour la lui présenter. Cette rencontre dure entre un quart d’heure et une demi-heure, puis je laisse le bénévole seul avec la famille, de façon à décider des horaires de rencontre, ainsi que des enseignements à apporter. À partir de là, je n’interviens plus avec la famille.
Les séances d’accompagnement ont lieu une fois par semaine, et durent une heure environ, car nous pensons qu’il faut aider mais ne pas s’immiscer dans le milieu familial, les parents restent prioritaires au niveau éducatif.
Avant d’entamer les séances d’accompagnement scolaire, nous avons des contrats à remplir par le bénévole, l’enfant ainsi que la famille. Ces contrats ont pour but d’engager l’enfant à faire son travail, à être à l’heure et à porter ses devoirs à faire. Cela l’engage personnellement. Il doit y avoir un engagement de la part des parents aussi.
Peut-il y avoir des problèmes entre bénévoles et familles ? Dans ces cas que faites-vous ?
Nous ne rencontrons pratiquement jamais de problèmes. Essentiellement parce que les familles sont conscientes que c’est un plus considérable pour leur enfant d’avoir un accompagnateur, pour qu’il puisse s’en sortir dans la vie. L’accueil est toujours très grand.
Si toutefois un accompagnateur fait face à des difficultés, nous sommes toujours là pour l’écouter et réfléchir à la démarche à suivre. L’accompagnateur doit se sentir bien au sein de la famille et auprès de l’enfant.