Délégationde Châlons/Reims-Ardennes

Accueil et accompagnement individuel

Témoignage de Françoise Ancelin, bénévole à l’équipe de Châlons-en-Champagne.

« Être bénévole, accompagner ensemble »

Je suis devenue bénévole parce qu’étant à la retraite j’avais du temps et que dans ma vie professionnelle, j’ai eu une activité d’écoute. J’ai aussi fait beaucoup de bénévolat par ailleurs et pour moi, le bénévolat est presque indispensable à ma vie. Être bénévole pour moi c’est être à la disposition des autres, c’est travailler avec une équipe, c’est réfléchir à un projet, et c’est mettre mes aptitudes au service des structures qui se mettent au service des autres.

Au Secours Catholique, j’ai une mission d’accueil auprès des personnes qui, en situation de fragilité, viennent solliciter une aide particulière. Ce qui m’intéresse aussi au Secours Catholique c’est toute cette réflexion autour de l’accompagnement, de porter un regard positif sur les personnes, de mettre les personnes en action.

Par exemple, nous avons récemment accueilli une personne qui s’est retrouvée veuve brutalement avec cinq enfants, et qui travaille soit très tôt le matin soit très tard le soir avec des horaires de bus ne correspondant pas à ses horaires de travail. Pour cela, il lui est indispensable d’avoir une voiture. Sa voiture est tombée en panne et sans voiture elle risquait de perdre son travail. Elle est donc venue vers le Secours Catholique pour parler de ses soucis. Nous avons étudié sa situation à plusieurs et nous avons décidé de lui apporter une première aide pour la réparation de sa voiture, une partie en don et une partie en prêt. Puis la voiture est retombée en panne avec une réparation plus importante. Nous avons décidé de lui accorder un nouveau prêt sur un temps assez long pour qu’elle puisse nous rembourser. Le fait qu’elle nous rembourse nous permet de la rencontrer régulièrement et de voir avec elle si elle a besoin d’une autre aide matérielle ponctuelle.

En fait, le plus dur c’est une écoute complète, car ce que la personne nous dit de sa situation, ce qu’elle veut bien nous dire, peut masquer une autre problématique. Écouter, accompagner, c’est ne pas avoir d’idée préconçue, recevoir ce qu’elle nous dit comme ça, mais c’est aussi savoir poser les questions sans blesser la personne, c’est aller un peu plus loin et puis c’est aussi, quand on a des doutes sur l’authenticité des propos tenus, ne pas tomber dans un autre excès, qui consisterait à se laisser « mener en bateau ». Je trouve que c’est peut-être cela qui est le plus difficile car cela demande une disponibilité d’esprit et aussi de toujours refaire confiance aux personnes.

Pour cela, il faut pouvoir prendre le temps d’écouter les personnes accueillies, de pouvoir leur parler, d’autant que parfois nous avons des situations d’urgence et que dans les situations d’urgence c’est toujours difficile. On dit que l’urgence est mauvaise conseillère et c’est vrai.

Parfois, nous aimerions aussi avoir plus de temps pour la réflexion et pour bien écouter, d’où l’importance d’avoir de nouveaux bénévoles car ils enrichissent l’équipe : si l’on introduit de nouveaux bénévoles, ils ont un nouveau regard que l’on peut partager. Au Secours Catholique, nous devons tout le temps répondre à de nouveaux besoins et nous sommes constamment en recherche face à ces nouveaux besoins qui grandissent mais aussi prennent des formes différentes et du coup, il faut tout le temps réfléchir à comment il faut faire ou comment on peut aider au mieux ces personnes.

Mais, il ne faut pas oublier que nous, bénévoles, avons aussi des satisfactions. Je pense à un monsieur, demandeur d’asile ancien architecte, qui a dû tout quitter, victime d’une mafia locale et à qui le Secours Catholique a payé un billet de train afin de lui permettre d’aller voir sa mère hospitalisée à Paris. Venant récupérer le document de transport, il nous a remerciés au travers d’un regard magnifique, avec une lumière et une force que je ne peux oublier.

Huit jours après, je ne peux oublier ce regard, j’y pense encore tellement ! J’étais émue de me dire que le Secours Catholique est capable de donner cette lumière momentanée à quelqu’un qui est en grande difficulté, en grande souffrance.

Françoise Ancelin, bénévole à Châlons

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